Chapitre 2 La chocolatine du matin

(…)

Durant l’année de CE2, un petit miracle se produit. Un mercredi après-midi, j’ai invité mon copain Charles à la maison. On commence l’après-midi en regardant « Goldorak » à la télé. Dire que je suis « scotchée » à la télé n’est pas loin de la vérité, au sens figuré, bien sûr, car je raffole de ce dessin animé, mais également au sens propre du terme car, pour arriver à voir quelque chose, j’approche mes yeux à quelques centimètres de l’écran. Je m’assieds sur le côté pour que Charles puisse encore voir quelque chose et, ensemble, on profite du dessin animé.

Mon quota de télé écoulé (mes parents m’autorisent à regarder un dessin animé par jour), nous partons tous les deux dans ma chambre faire nos devoirs ensemble, moi sur mon gros cahier, lui sur un cahier normal. La couverture du mien est d’un marron clair super-moche, sur la sienne il y a trois montgolfières qui parcourent un ciel sans nuages. C’est vraiment injuste.

Une idée me vient :

« Charles, je peux t’emprunter ton cahier pour regarder ?

– Oui, tiens… dit-il en me tendant son beau cahier. »

Je prends le cahier, je le pose sur le bureau et me penche dessus. Je colle mon œil contre le papier. À ma grande stupeur, là, sous mes yeux ébahis, apparaissent des petites lignes bleues, toutes fines et tellement belles ! Je me lève comme un diable sort de sa boîte et cours jusqu’à la cuisine pour prévenir ma mère.

« Maman, maman !!!

– Quoi, qu’est-ce qu’il t’arrive ?

– Je vois les lignes ! Je les vois, je te jure ! Je hurle en lui tendant triomphalement le cahier. »

(…)

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