Chapitre 3 Trois étoiles et quatre sabots

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À six ans j’ai envie de passer ma première étoile, comme Sophie. Ses parents l’ont inscrite à l’école de ski pour la semaine, elle va apprendre plein de choses et si elle sait tout bien faire en fin de semaine, elle aura sa première étoile. Moi aussi je veux apprendre à skier. Pourtant, difficile d’imaginer me faire participer à un cours collectif. Mon père se renseigne à l’école de ski pour savoir ce qui est demandé pour le test, et se charge de me l’apprendre durant la semaine. En fin de semaine je suis fin prête et me présente au test de la première étoile. On est plusieurs, chacun passe à son tour. Je ne suis pas vraiment rassurée. Avant le début, mon père me fait repérer les lieux pour que je sache d’où je dois partir et jusqu’où je dois aller, où je dois tourner. Je fais le tour demandé, la marche en canard, la montée en escalier… Une heure plus tard, je rentre à la maison avec l’insigne de ma première étoile épinglé sur mon anorak de ski. Je ne suis pas peu fière.

L’année suivante je demande à prendre des cours comme Sophie. Mon père retourne à l’école de ski et demande à rencontrer le moniteur qui va s’occuper du cours de deuxième étoile. Il lui explique que j’ai des problèmes de vue, mais que je souhaite malgré tout participer au cours de deuxième étoile ; pour cela, il suffit que je sois toujours juste derrière lui pour voir sa silhouette et le suivre. Le moniteur accepte. Je passe la semaine sur les talons de cette silhouette rouge et tout se passe très bien. J’apprendrai, des années plus tard, que le gars dans la combinaison rouge de l’École de Ski Français ne s’était pas vraiment rendu compte que le bout de chou qui le suivait cette semaine-là voyait à peine plus loin que le bout des spatules de ses skis.

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