Le ski alpin handisport pour déficients visuels

Slalom spécial Jeux Paralympiques catégorie déficients visuels

Slalom spécial (Turin 2006) / Crédit photo Benjamin Loyseau

Pour pratiquer le ski alpin, une personne malvoyante va le plus souvent avoir besoin d’une personne qui lui indique la voie. Cette personne est appelée « guide ».

Un aveugle, lui, ne pourra pas skier sans guide. S’il le faisait il se mettrait en danger et représenterait un danger pour les autres skieurs.

Dans ces conditions, la pratique du ski alpin en compétition relève du « handisport ». Les athlètes déficients visuels sont regroupés dans un me même catégorie (« B »pour Blind) et, moyennant un système de coefficients expliqué dans le livre, peuvent se mesurer entre eux, mais aussi à des athlètes atteints d’autres handicaps.

Bon à savoir :

Il n’existe à ce jour aucune formation pour devenir guide : la seule école est celle du bon sens.

Il n’y a PAS UNE façon de guider : chaque binôme guide-guidé met au point sa propre méthode. Celle-ci doit être instinctive pour les deux.

Le guide skie avant tout « pour » le déficient visuel. S’il skie « perso », il est rare que cela dure très longtemps.

 

Comment guider un skieur déficient visuel ?

La technique de guidage

Généralement le guide se positionne devant le skieur qu’il guide. L’avantage est que le guidage est beaucoup plus précis. L’inconvénient est que le guide doit régulièrement jeter des coups d’œil derrière lui pour s’assurer que le guidé est sur la bonne trajectoire et reste à une distance permettant un guidage efficace.

Le guide donne au skieur un certain nombre d’informations (à eux de définir ensemble quelles informations sont utiles). Il peut s’agir de :

  • la direction (c’est le minimum incontournable du guidage)
  • le relief
  • les changements brusques de qualité de neige : plaque de glace, neige molle, plaque d’herbe …
  • en compétition : les figures du tracé (enfilade en slalom, banane…)
  • l’annonce d’un danger qui nécessite un arrêt immédiat (un autre skieur à terre sur la trajectoire du binôme…).

Les informations doivent être données à des moments précis et connus des deux skieurs : par exemple un « top » peut indiquer que l’ordre prochain sera un changement de direction. On peut donc avoir « top… gauche ». En compétition, sur le « top » le compétiteur sait qu’il doit alléger ses appuis pour commencer son virage, qui se concrétise par un changement de direction sur le « gauche ».

Le choix des mots

Le choix des mots utilisés importe peu, il faut surtout que guide et guidé soient d’accord sur leur signification.

Pour aller à gauche on peut choisir de dire « gauche » mais on pourrait préférer le dire en anglais, espagnol ou javanais… comme on pourrait aussi choisir de dire « carotte » pour gauche et « citrouille » pour droite…

Par contre, l’expérience montre qu’il vaut mieux respecter certaines règles dans le choix du vocabulaire, du moins en compétition car la vitesse devient un paramètre important :

  • Prendre des mots qui ne soient ni trop longs (plus de 3 syllabes commencent à être difficile à prononcer à grande vitesse par le guide) ni trop courts (1 syllabe a peu de chance d’être entendue avec le bruit des skis sur la neige, le vent, etc.). Pour ma part je trouve que 2 à 3 syllabes sont un bon choix ;
  • Choisir des mots qui ne se ressemblent pas entre eux. Dans mon cas, nous avions choisi « droite » pour indiquer la direction opposée à la gauche et « Daï-daï » pour aller tout droit, car « tout droit » ressemble trop phonétiquement à « droite » et la confusion est quasi certaine ;
  • Choisir d’employer des mots qui ont un lien avec l’idée à laquelle ils se rapportent. Par exemple, on avait remplacé « Bosse » (qui ressemblait trop à « gauche ») par « Zéro » parce qu’un zéro (du moins en noir, c’est à dire, pas en braille) a une forme de rond, donc, on imagine plus facilement une bosse.
  • Il est important de convenir d’un terme facilement compréhensible pour ordonner l’arrêt d’urgence (généralement, STOP fait assez bien l’affaire !).

Le matériel

Lorsque le skieur déficient visuel est débutant, aucun matériel spécifique n’est nécessaire.

Par contre, dès qu’il va prendre un peu de vitesse, il ne sera plus en mesure d’entendre les ordres donnés par son guide. Il devra alors utiliser un matériel d’amplification de voix (pour les aveugles) ou de transmission de type « émetteur-récepteur », pour les malvoyants.

Amplification de voix

A ce jour, il n’existe aucun matériel dédié que l’on puisse trouver dans le commerce. Chacun se « bidouille » son amplificateur.

Le principe est d’adapter un micro que le guide ait devant la bouche, relié à un amplificateur qui est fixé à l’arrière de son dos.

Voici un exemple. http://www.aslaa.org/le-materiel/

Avantage : le skieur peut localiser le guide en permanence puisqu’il entend exactement d’où vient le son

Inconvénient : lorsque le binôme commence à prendre de la vitesse, le volume peut devenir insuffisant. De même, en position de « schuss », le haut-parleur émet souvent vers le ciel et plus vers le skieur guidé.

Émetteurs-récepteurs

Il s’agit de dispositifs de type « talkie-walkie ».

Avantages : la qualité de son est meilleure, le skieur guidé peut régler le volume, le son est audible même à grande vitesse…

Inconvénient : le son ne parvient plus en direct au skieur guidé, mais via des écouteurs, il n’est donc plus possible de localiser le guide. Ceci explique pourquoi seuls les sieurs malvoyants utilisent ce système. Les non voyants restent généralement (du moins à ce jour) sur un système d’amplification directe.

Pour en savoir plus, vous pouvez contacter le comité handisport de votre région ou vous rapprocher de la Fédération Française Handisport (voir page dédiée au handisport sur ce même site web)

Maintenant que vous savez tout, il ne vous reste plus qu’à essayer !